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AKAA 2020 au défi de la crise sanitaire

A l’annonce du second confinement par le président de la République française le mercredi 28 octobre, l’équipe d’AKAA a décidé d’annuler son édition 2020 et propose désormais une programmation virtuelle. L’article ci-dessous a été publié, lui, le 23 octobre.

Traversée par la crise sanitaire, Also Known As Africa, la foire parisienne d’art contemporain et de design d’Afrique s’adapte. Si comme d’autres événements elle a opté pour un changement de lieu, le choix d’un nouveau format pour la foire est, lui, plus singulier.

La nouvelle a fait grand bruit. Cette année, l’accès à la seule foire spécialisée en art contemporain africain en France se fera uniquement sur invitation. Victoria Mann, fondatrice d’AKAA, rassure les inquiets : « On ne veut surtout pas fermer la porte au public. Nous souhaitons simplement qu’il fasse la démarche de nous demander une invitation gratuite dans la limite des places disponibles. Ce RSVP obligatoire permet de contrôler les jauges de visiteurs et garantit un confort de visite. Ce sont des mesures qui rassurent et qui sont bien comprises par le public et les exposants. Nous commençons dès maintenant à recevoir massivement des demandes d’invitation. » Ainsi repensée pour être plus intimiste, l’édition 2020 d’AKAA promet d’offrir aux visiteurs une expérience privilégiée – propice aux synergies entre les acteurs de la création contemporaine d’Afrique.

En comité restreint, ce sont vingt galeries françaises, étrangères et internationales qui seront réunies sous la petite verrière de l’Atelier Richelieu, le nouvel espace choisi par les organisatrices. « L’idée est de revenir au Carreau du Temple en 2021, mais force est de constater que nos visibilités pour l’année prochaine sont encore floues. » Malheureusement, l’espace de l’Atelier Richelieu ne permet pas d’accueillir la traditionnelle œuvre monumentale au centre de la foire – et le projet prévu pour AKAA 2020 est reporté à l’édition prochaine.

AKAA
Noel Anderson « Entanglement » – 2020
Galerie Anne de Villepoix

« Toutes les galeries présentes ont déjà exposé à la foire… sauf une ! », s’enthousiasme Armelle Dakouo, la directrice artistique d’AKAA. « Nous sommes ravies d’accueillir pour la première fois la galerie Véronique Rieffel. Fondée il y a un an, cette jeune galerie basée entre Paris et Abidjan va prochainement ouvrir son espace ivoirien, La Cocoteraie des arts. C’est un des projets qui nous tient à cœur et que l’on suit depuis sa naissance. » Véronique Rieffel – qui fut directrice de l’Institut français d’Egypte après avoir été à la tête de l’Institut des Cultures d’Islam (ICI) pendant huit ans – avait participé personnellement à la foire AKAA en 2019 à travers un partenariat curatorial avec Les Maisons du voyage.

En outre, AKAA 2020 confirme la vigueur et le rayonnement de la scène contemporaine sud-africaine. Ainsi, forte de 14 artistes ressortissants, la Rainbow nation s’impose d’un quasi tiers sur les 45 artistes et designers présents cette année sur la foire. Les deux tiers restants forment une foule extrêmement diverse et témoignent du vœu renouvelé d’une inclusion des scènes diasporiques européennes, caribéennes, sud- et nord-américaines. Signalons particulièrement les sélections des galeries Aïcha Gorgi et Anne de Villepoix.

Le cycle de conférences en collaboration avec l’Institut français programme notamment une table ronde au sujet de la crise sanitaire, qui affectera le marché – on le sait aujourd’hui – plus longtemps que prévu. « Nous, acteurs du monde de l’art, ne pouvons pas simplement attendre que le marché s’effondre ; nous devons continuer à le porter ensemble », avait déclaré Victoria Mann dans un entretien en mai dernier sur ARTSKOP3437.

Image de couverture : Imraan Christian « Maktub » (2020) – ARTCO.

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À propos de l’auteur

Louise Thurin

Je suis étudiante en histoire et marché de l'art à Paris.
Mes recherches et mon activisme se focalisent sur les questions de décolonisation des arts et des savoirs.
[Thurin.louise@gmail.com]

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