Arles 2019, notre sélection d’expositions à voir absolument

Cette année les Rencontres de la Photographie célèbrent leur demi-siècle. Un rendez-vous incontournable de l’été dans le sud de la France pour les amoureux d’art et de photographie. La 50e édition des Rencontres d’Arles est dédiée aux fondateurs du festival Lucien Clergue, Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette (décédé en début de cette année). La rédaction d’Artskop3437 vous présente sa sélection d’expositions à voir absolument.

Les murs du pouvoir – Barrières bâties par l’homme à travers l’Europe

Sergi Cámara, Le Mur de l’Europe, Espagne, 2014.
De jeunes Africains tentent d’escalader la double barrière qui sépare l’Afrique de l’Europe, près de Beni Enza à la frontière de l’enclave espagnole de Melilla en mars 2014. Après avoir passé plusieurs heures au sommet de la barrière, ils ont été refoulés vers le Maroc par les forces de sécurité espagnoles.
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
© Sergi Cámara, Le Mur de l’Europe, Espagne, 2014.
De jeunes Africains tentent d’escalader la double barrière qui sépare l’Afrique de l’Europe, près de Beni Enza à la frontière de l’enclave espagnole de Melilla en mars 2014. Après avoir passé plusieurs heures au sommet de la barrière, ils ont été refoulés vers le Maroc par les forces de sécurité espagnoles.
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Cette exposition de groupe aborde un des sujets d’actualité les plus controversé à savoir l’immigration dans le contexte européen. Grâce à la photographie documentaire contemporaine, les murs qui ont été érigés par les autorités et qui empêchent encore aujourd’hui les gens de pénétrer ou de quitter le territoire européen. Bien que l’on trouve autour du monde des murs de toutes sortes, tels que celui séparant les États-Unis du Mexique, une Corée de l’autre, Israël de la Cisjordanie, le Pakistan de l’Inde, ou encore l’Ossétie du Sud pour n’en citer que quelques-uns, cette sélection se concentre sur un seul continent, l’Europe. !Les photos distinguent trois types de murs en fonction de leur usage, répartis en trois sections : les murs d’influence, les murs de ségrégation et les murs de migration. Parmi les artistes présentés on retrouve Sergi Cámara (1970), Arnau Bach (1981), Attila Balázs/MTI (1969), István Bielik (1985), David Brauchli/Reuters, Tijen Erol (1966) et bein d’autres. Exposition commissariée par István Virágvölgyi, lauréat de la Bourse de recherche curatoriale des Rencontres d’Arles

Libre échange avec l’artiste Mohamed Bourouissa

Au Monoprix, on retrouve Mohamed Bourouissa. Il a choisi ce lieu pour exposer quinze ans de création alliant photographie, vidéo, peinture, dessin, sculpture parce qu’un grand magasin offre un contexte intéressant à son œuvre qui interroge notamment la place des chômeurs, des humbles dans l’espace social, mais aussi la circulation de l’argent, du savoir…

Mohamed Bourouissa, L’impasse, de la série Périphérique, 2007. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et kamel mennour, Paris/London. ADAGP (Paris) 2019. © Mohamed Bourouissa
Mohamed Bourouissa, L’impasse, de la série Périphérique, 2007. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et kamel mennour, Paris/London. ADAGP (Paris) 2019.
© Mohamed Bourouissa

Libre-échange retrace une histoire d’échanges marchands et non-marchands. À revers de l’image et en utilisant ses différents registres (scènes rejouées, caméras cachées, images volées, images de téléphone), Mohamed Bourouissa donne à voir des fragments de la réalité en faisant émerger de nouveaux récits. Les relations économiques entre les êtres qui dessinent notre société sont au cœur de son travail : de l’échange à la valeur que l’on donne aux choses. La circulation de l’argent et des images est mise en tension dans cette exposition par son corollaire de contrôle et de limitation. Il construit une œuvre prolixe, complexe, parmi les plus appréciées sur la scène internationale. Mohamed Bourousissa est né 1978 à Blida, Algérie. Il vit et travaille à Paris, France. Exposition commissariée par Sam Stourdzé.

Helen Levitt (1913-2009) à l’espace Van-Gogh

Helen Levitt, New York, vers 1940. L’Albertina, Vienne. Film Documents LLC, avec l’aimable autorisation de Thomas Zander Gallery, Cologne.
Helen Levitt, New York, vers 1940. L’Albertina, Vienne. Film Documents LLC, avec l’aimable autorisation de Thomas Zander Gallery, Cologne.

À partir des années 1930, Helen Levitt immortalise la culture de rue des quartiers défavorisés tels que Spanish Harlem et Lower East Side : graffitis, adultes assis devant des entrées d’immeubles et enfants en train de jouer comptent parmi ses principaux sujets. Contrairement aux reporters dont l’ambition traditionnelle est de documenter les dysfonctionnements sociétaux, elle comprend la photographie comme une expression artistique lui permettant de fusionner son vécu quotidien et son expérience esthétique personnelle. Telle une ethnographe, elle montre des scènes de rues new-yorkaises comme s’il s’agissait d’us et coutumes mythiques, de cérémonies exotiques. Ces quelque 130 clichés – dont beaucoup sont exposés ici pour la première fois – permettent de jeter un regard nuancé sur l’œuvre de Levitt et retracent son évolution : de photographe de rue à réalisatrice de films et photographe couleur. Exposition commissariée par Walter Moser.

White Dreams Extended par l’artiste Steve Bauras présenté par Ycos-Project, Paris

Pour l’installation White Dreams Extended, la surface noire de chaque image est pensée comme le réceptacle de nos émotions dans le but d’interpeller le spectateur sur l’infinie variabilité de nos perceptions. Dans sa démarche, Steeve Bauras exploite l’image afin de montrer la capacité de celle-ci à se réinventer en fonction du contexte qu’on lui assigne. Par les procédés de distorsion des captures d’images documentaires relatives à la Seconde Guerre mondiale, l’artiste sort ces archives de l’oubli et nous confronte à notre tendance constante à consommer les images sans en prendre la mesure. En faisant se côtoyer l’inimaginable horreur et le récit de soi, l’artiste confronte le spectateur à la quête d’une vérité à partir de laquelle il entamera cette transformation de la réalité traumatique contenue dans les images. Steve Bauras est né en 1982 à Fort-de-France, Martinique. Il vit et travaille à Paris, France. Exposition commissariée par Yves Chatap.

La république des bananes par l’artiste Shinji Nagabé présenté par la Galerie Da Gávea de Rio de Janeiro, Brésil

Shinji Nagabe, Cartão de boas maneiras para homens, O ideal x a caricatura [Carte de bonne conduite pour hommes, L’ideal x la caricature], São Paulo, 2018. © Shinji Nagabé
Shinji Nagabe, Cartão de boas maneiras para homens, O ideal x a caricatura [Carte de bonne conduite pour hommes, L’ideal x la caricature], São Paulo, 2018.
© Shinji Nagabé

Plusieurs événements récents à travers le monde semblent nous avoir mis dans un état de suspension de la réalité. La République des Bananes est une réponse à cet état de désillusion et de désenchantement politique et social. Le réalisme surréaliste de la série est basé sur des faits existants, mais extrapolés au même niveau de fantaisie que tant de discours récents. L’état créé par Shinji Nagabe se trouve sous le joug d’un dictateur cruel et populiste. La banane est utilisée pour aveugler et censurer, alors que des groupes de résistance s’en servent pour fabriquer des armes et des bombes artisanales. Cette réponse viscérale ouvre la voie à une guérilla entre les rebelles et le gouvernement à la vision rétrograde et conservatrice. Les transformations sociales et politiques récemment vécues dans tant de pays se retrouvent dans La République des Bananes. Le plongeon dans cette république fictive et sa fantaisie tropicale acide nous fait réfléchir sur le rôle de chacun dans les directions choisies pour nos communautés et celles que nous serons amenés à choisir dans le futur. Retour en république bananière ? Shinji Nagabe est né en 1975 à Terra Roxa, Brésil. Il vit et travaille à Paris, France. Exposition commissariée par Yves Chatap.

Shinji Nagabe, Objetos apreendidos n°7 [Objets saisis n°7], São Paulo, 2018. © Shinji Nagabé
Shinji Nagabe, Objetos apreendidos n°7 [Objets saisis n°7], São Paulo, 2018.
© Shinji Nagabé
Les Rencontres de la Photographie
Expositions jusqu’au 22 septembre 2019
34 rue du docteur Fanton
13200 Arles, FRANCE
Tél. : +33 (0)4 90 96 76 06
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